Une étude publiée en avril 2026 a montré qu’en Suisse le cancer colorectal touche de plus en plus de personnes de moins de 50 ans. Au niveau mondial, le cancer colorectal figure parmi les cancers les plus fréquents. Il est le troisième cancer en termes d’incidence et le deuxième en matière de mortalité. Selon l’OMS, plus de 1,9 million de nouveaux cas ont été diagnostiqués en 2022, pour près de 900’000 décès. Aux États-Unis, le taux de survie à 5 ans du cancer colorectal est d’environ 65% (tous stades confondus). Il est donc important de bien dépister ce cancer redoutable, car les données montrent que le dépistage précoce sauve des vies en permettant de détecter la maladie plus tôt que jamais.
Le cancer colorectal se développe généralement lentement, de sorte que de nombreuses personnes ne présentent aucun symptôme de la maladie à ses débuts.
Voici les principales méthodes pour dépister le cancer colorectal.
Coloscopie
La coloscopie est probablement la principale méthode de dépistage du cancer colorectal. La coloscopie est en effet celle qui offre la meilleure capacité de détection du cancer du côlon et des polypes — jusqu’à 70 %, selon un article de la Cleveland Clinic publié en avril 2026. Pendant cet examen le professionnel de la santé peut éventuellement utiliser un instrument permettant de retirer les croissances (polypes) trouvées. Le principal objectif est d’identifier des lésions tumorales et éventuellement les supprimer.

Aux Etats-Unis, la coloscopie (en anglais : colonoscopy) est considérée comme une méthode standard dans le dépistage du cancer colorectal1 et c’est la méthode de dépistage la plus utilisée pour ce cancer. Il est conseillé d’effectuer une coloscopie chaque 10 ans à partir de 50 ans (sauf exception). Aux Etats-Unis, les recommandations sont d’effectuer une coloscopie chaque 10 ans dès l’âge de 45 ans.
Avantage coloscopie
Une coloscopie est un examen en une seule étape, alors que d’autres examens, comme les analyses de selles, peuvent nécessiter deux étapes (lire ci-dessous). Si, par exemple, vous effectuez une analyse de selles et que celle-ci met en évidence un problème potentiel, vous devrez alors subir une coloscopie pour un examen plus approfondi.
Coloscopie virtuelle (coloscopie par tomodensitométrie)
Une coloscopie virtuelle est un type de tomodensitométrie qui permet au médecin d’examiner l’intérieur du côlon. Comme pour une coloscopie classique, il faut aller à la selle au préalable, mais sans avoir besoin d’être sous sédation pendant l’examen lui-même.
L’inconvénient de la coloscopie virtuelle est que si le médecin détecte un polype, il ne peut pas le retirer et devra effectuer une coloscopie classique. Le problème est qu’en 2026 la coloscopie virtuelle ne permet pas à elle seule de distinguer les polypes non précancéreux des polypes précancéreux. Pour cela, il faut une biopsie (prélèvement de tissu), qui ne peut pas être réalisée lors d’une coloscopie virtuelle. Mais elle peut l’être lors d’une coloscopie classique.
Sigmoïdoscopie flexible
Tout comme la coloscopie, la sigmoïdoscopie flexible est une intervention ambulatoire réalisée en milieu médical. Elle nécessite également une préparation préalable pour vider les intestins (avec la prise de médicaments). Le médecin pourrait vous recommander cette intervention si vous présentez des symptômes inexpliqués liés au côlon inférieur, au rectum et à l’anus. Cependant, elle n’est pas souvent pratiquée dans le cadre du dépistage du cancer colorectal. En effet, la sigmoïdoscopie flexible n’examine que la partie gauche du côlon. Elle permet d’évaluer des affections telles que la colite ulcéreuse et de détecter des polypes, mais uniquement du côté gauche.
Si une lésion précancéreuse est détectée u côté gauche, le médecin recommandera un deuxième examen, comme une coloscopie classique. La plupart des médecins ne proposent pas la sigmoïdoscopie flexible comme dépistage standard du cancer colorectal. Mais si la coloscopie n’est pas envisageable pour une raison quelconque, la sigmoïdoscopie flexible peut constituer une alternative appropriée en tant que méthode de dépistage initial — en particulier lorsqu’elle est associée à un test de selles.
Tests basés sur les selles
Les tests de selles utilisés dans le dépistage du cancer colorectal consistent à analyser un échantillon de vos selles afin de détecter d’éventuels problèmes. Il en existe deux types courants :
– Le test immunochimique fécal (FIT, de l’anglais Fecal immunochemical test) recherche la présence de sang occulte dans vos selles. Il permet de détecter un cancer à un stade précoce, ainsi que des polypes volumineux et avancés
– Le test ADN sur selles (en anglais : Stool DNA test) recherche la présence d’ADN anormal associé aux polypes et au cancer colorectal.
L’avantage de ces deux tests est que vous pouvez les réaliser chez vous. Vous n’avez pas besoin de préparation particulière au préalable, et vous n’avez pas à vous absenter du travail ni à vous rendre dans un cabinet pour les faire. Mais là encore, si ces tests s’avèrent positifs, une coloscopie sera recommandée.
Analyses sanguines
En 2024, l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) a approuvé Shield™, le premier test sanguin permettant de dépister le cancer colorectal. Il s’adresse aux personnes qui : ont 45 ans ou plus, présentent un risque moyen et ne présentent aucun symptôme.
Ce test sanguin recherche des modifications dans le sang qui pourraient indiquer un cancer ou des polypes. Encore une fois, un résultat positif nécessitera une coloscopie de suivi. Cette option est la plus adaptée aux patients qui ne souhaitent pas recourir à d’autres méthodes, sachant qu’elle est moins efficace pour détecter les polypes précancéreux que la coloscopie ou les tests basés sur les selles.
Quelle méthode choisir ?
Discutez-en avec votre médecin ou professionnel de la santé pour déterminer quelle option vous convient le mieux. Pour connaître vos facteurs de risque spécifiques, il vous posera des questions sur vos antécédents médicaux, les antécédents médicaux de votre famille, vos habitudes de vie et bien plus encore. Ces informations permettront de déterminer quel examen vous convient le mieux.
La plupart des médecins considèrent la coloscopie comme la référence en matière de dépistage du cancer colorectal. Si, pour une raison quelconque, vous ne pouvez pas subir de coloscopie, d’autres tests de dépistage moins invasifs mentionnés dans cet article peuvent être utilisés.
Le 29 avril 2026. Par Xavier Gruffat (pharmacien). Sources : Cleveland Clinic, Mayo Clinic.
